Lors du premier album, il y a derrière une longue maturation, un choix énorme des morceaux car on a pas le droit à l'erreur, on s'entoure d'un grand nombre de personnes, on demande beaucoup d'avis, bref la maturation est très réfléchie et l'album est vraiment extrêmement bien pensé.
Le deuxième album est soit si le premier a moyennement marché une correction de ce que l'on peut avoir entendu de négatif, soit - pour les groupes ou compositeurs qui prennent des risques - une totale nouvelle formulation. On se retrouve souvent avec une copie presque conforme sur laquelle on a peur de changer quoi que ce soit, soit un nouvel album qui n'a plus grand chose à voir avec le premier.
Enfin vient le fameux troisième album... Je dirais que c'est celui de la consécration, ou de la désillusion. En effet déjà on peut considérer que si le groupe ou compositeur existe toujours et peut publier, il y a de fortes chances pour qu'il ait un peu de talent (on oublie bien sûr toute la musique dite commerciale qui se centre uniquement sur l'image et qui ne met jamais le vrai talent en avant, trop risqué financièrement...) et que ce soit un peu l'album de la dernière chance. De plus, il y a une certaine connaissance du milieu musical, on a compris qui on doit écouter et qui on peut oublier. Enfin, je pense que en règle général on peut pardonner un échec de premier album - erreur de jeunesse, public pas trouvé etc. - un échec de deuxième album - raisons identiques - mais cela ne fonctionne plus pour un troisième.
Voila donc pourquoi, à mon sens un troisième album est soit une réussite, soit une lamentable erreur.
Et bien avec Lanterns On the Lake, nous avons l'illustration parfaite d'une montée en puissance.
Leur premier album : Gracious Tide, Take Me Home sortis en 2011 était un très bon premier album, belle voix de la chanteuse Hazel Wilde, piano présent et mélancolie en font un album réussi mais duquel n'émerge pas de titre en particulier. Tout est bon, mais l'exception n'est pas là. A l'époque j'avais trouvé tout cela très agréable et prometteur.
Leur deuxième album : Until the Colours Run sorti fin 2013 est l'archétype de l'album ou l'on se dit, petites corrections, des choses à changer, mais pas trop etc.
Tout est maitrisé, mais on a presque voulu complexifier la musique à outrance, de ce grand mélange sort une impression agréable, mais en même temps rien n'accroche vraiment. On comprend bien que ce groupe continue d'être prometteur, il démontre qu'il sont capable de jouer bien n'importe quoi, la technique n'est pas en cause, mais il manque cette petite touche de génie, ce petit plus qui ferait tout tourner à la perfection.
Avec leur troisième album : Beings c'est chose faite, regardez le clip ci-dessous, écoutez et vous verrez que tout ce que l'on pouvait leur reprocher est gommé, efface et oublié :
La voix féminine a gagné en intensité, les ruptures mélodiques sont plus affirmées, plus franche. L'intensité est plus forte, l'oreille immédiatement capte qu'il y a une matière et une profondeur. Je vous rassure tout l'album est comme cela. Alors bien sûr il y a encore quelques petits détails qui pourrait être encore amélioré, mais je chipote dans les détails.
Un dernier détail mais d'importance : Lanterns On the Lake a sortis tous ses albums sous l'excellent label Bella Union, comme quoi quand on est chez des gens biens on travaille bien et la production est faite maison par le guitariste du groupe : Paul Gregory.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire