jeudi 17 décembre 2015

De la compilation à la playlist - Partie 1 émois adolescents les années 80

Il y a fort longtemps, quasi 35 ans je faisais des compilations sur cassette que je distribuais autour de moi. Je passais un temps fou à sélectionner des morceaux sur mes vinyles pour les enregistrer sur des cassettes audio :

et si cela vous semble facile maintenant c'était beaucoup plus compliqué à l'époque. Il fallait bien viser avec le bras du tourne-disque :


et le poser bien doucement sur le petit moment de blanc. Si on le laissait tomber de trop haut le diamant avait la mauvaise idée de rebondir soit en arrière sur le morceau précédant soit en avant et on ratait le début. En effet il fallait encore aller enlever la pause sur le lecteur de cassette :

afin de lancer l'enregistrement. Cela donnait des blancs inégaux entre les morceaux, des gratouillements, des fins de morceaux précédents ou des débuts ratés. Mais on s'en foutait complètement. Bon, bien sûr si on se plantait trop gravement on recommençait le tout et sur des cassettes de 60 ou 90 minutes cela devenait fastidieusement long. Il fallait attendre la fin du morceau pour mettre la pause une fois qu'il était fini en espérant qu'il n'y avait pas une rayure sur le vinyle qui nous obligerait alors à revenir en arrière, choisir un autre morceau en l'en registrant par dessus l'autre.
C'était vraiment compliqué mais j'ai passé un temps fous à faire cela. Il y avait des compilations pour faire découvrir à des amis un style de musique ou les meilleures morceaux de l'année ; il y avait surtout la compilation de séduction pour les filles afin de leur faire comprendre que j'avais un penchant pour elle très fort et que ce serait bien qu'on parle musique ensemble pour éventuellement déboucher sur autre chose. Inutile de vous dire que j'apportais un soin tout particulier à ces compilations là. Non seulement j'étais capable de recommencer vingt fois l'enchaînement, mais le choix et l'ordonnancement des morceaux avait toute son importance. J'ai vais édicté une règle de trois, pas plus de trois morceaux semblables à la suite, même style, même tempo, même type de voix... J'apportais ainsi une certaine variance qui devait donner un peu de peps à mes choix musicaux. Ensuite il fallait soigner la fin de la bande, sur la face À il fallait qu'il n'y ait pas trop de vide à la fin pour ne pas obliger la personne a devoir appuyer sur la touche avance rapide pour tourner la cassette; par la suite ce fut pire en encore avec les nouveaux appareils qui permettait de lire la bande en continu. Le calcul de temps étant toujours compliqué il m'arrive souvent de devoir baisser le volume pour faire comme si le morceau finissait alors que ce n'était absolument pas le cas. Pardon aux artistes qui se sont retrouvés dans cette situation.
Enfin il fallait soigner le décorum : donner un nom à la compilation, l'écrire joliment sur le petit espace sur la cassette, en fait une couverture en papier que l'on découpait bien joliment pour la glisser dans le boîtier avec bien sûr au dos tout les détails des interprètes ainsi que le titre du morceau et éventuellement le temp que durait le morceau.
Tout était prêt pour religieusement l'offrir à l'élue de son cœur qui en règle général prenait le cadeau dédaigneusement du bout des doigts en disant : "Ah, ouais, merci, c'est sympa, j'écouterai à l'occasion."
Et là commençait la longue attente. "Ne surtout pas demander trop vite ce qu'elle en pense. mais trois mois c'est peut-être un peu long, non ?" "Peut-être que le douzième morceau de la face B n'était pas le bon et qu'il ne va pas lui plaire, je me suis planté et cela va ruiner ma compile !" "Et si elle n'aimait pas et qu'elle n'ose pas me le dire ?"
Vous voyez bien comme on est capable quand on est ados de s'inventer mille et une raisons alors que la vérité est toute simple : la fille n'en avait simplement rien à faire, des compiles elle en recevait 10 par jour et elle les jetais dans un coin de sa chambre. Parfois, quand enfin je prenais mon courage à deux mains pour lui demander ce qu'elle en avait pensé de ma super compile j'avais soit une réponse gentille "Ah ouais, super, je danse dessus tout les soirs" ou bien méchante "je l'ai pas encore écoutée, je te ferais signe  quand ce sera le cas."
Comment faisait elle pour danser sur des morceaux de New Wave super Dark ? Alors mon imagination ne faisait qu'un tout et j'imaginais la fille dans sa chambre oscillant lascivement sur cette rythmique super lente et je me disais que c'était dans la poche, on était fait l'un pour l'autre et que bientôt on allait se retrouver tout nus dans un lit et... Qu'on ferait sauvagement l'amour avec ma compilation en arrière-fond.

En réalité, j'étais très éclectiques dans mes écoutes musicales, après le punk un peu trop violent pour moi j'ai adoré la New Wave, mais pas seulement, j'ai aussi aimé le rock symphonique (Pink Floyd, Genesis etc...), le punk rock, et surtout ce que l'on appellera plus tard le rock alternatif. je vous mets ci-dessous quelques uns de mes morceaux fétiches de l'époque et je vous prouve également que les années 80 ont été égallement une mine de trésor musicaux, même si cela date un peu maintenant.

The Clash : Should I Stay or Should I Go

Bauhaus : She's in Parties

The Cure : A Forest

Siouxies and the Banshees : Spellbound

The B-52's : Planet Claire

Duran Duran : Save A Prayer

Simple Minds : Waterfront



Pink Floyd : Another Brick in the Wall part 2


Kate Bush : Running up that Hill

R.E.M. : The One I Love

Etc...

Trois petites questions pour finir :

- Il y a 2 groupes qui viennent de la même ville improbable, sauras-tu les retrouver ?

- Le leader d'un des groupes a joué pendant lus de trois ans comme guitariste dans un des autres groupes présent. De qui s'agit-il ?

- Le guitariste d'un des groupes a produit les trois premier disques d'un des autres artistes et l'a donc lancer qui est le guitariste et qui est l'artiste ?


Réponse au second épisode :  les années 90 et l'apogée du CD et du Grunge

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire